Kombouaré, sois bon et tais-toi
Par Alban LAGOUTTE
De Football.fr
le 08/03/2010
Kombouaré devrait plus souvent baisser la tête qu'il ne bombe le torse. (Reuters)
On cherche, on cherche, on cherche... Ça y est, trouvé! Il faut remonter à la saison 2003-2004 pour voir le Paris Saint-Germain finir sur le podium du championnat de France. Presque une éternité même si, depuis, en 2005-2006, les Rouge et Bleu avaient réussi à terminer à la 9e place (presque un exploit) tout en remportant la Coupe de France. En 2008, c'est la Coupe de la Ligue qui avait permis au club de la capitale de disputer une coupe d'Europe, alors que, lors de l'exercice précédent, l'équipe première avait terminé au 6e rang de Ligue 1 sans toutefois réussir à valider un ticket pour une compétition continentale.
La violence des supporters en cache-misère
Voilà donc où en est le PSG d'un point de vue sportif aujourd'hui: condamné à des places au mieux honorables parmi l'élite hexagonale, ou à remporter des coupes nationales plus ou moins prestigieuses qui n'apportent, au final, pas grand-chose comparé à un titre de champion de France ou à une place sur le podium de la Ligue 1, qui envoie lui directement en Ligue des champions avec la manne financière que cela implique. Or, l'élément monétaire est plus que primordial pour survivre aujourd'hui dans le football et réussir à faire preuve d'une certaine stabilité sportive. Avant de faire de la concurrence à Lyon, Marseille, Bordeaux, ou même Lille, le Paris Saint-Germain a donc une sacrée pente à remonter et, au regard des derniers événements qui ont secoué le Parc des Princes et ses environs, les lendemains qui chantent ne sont pas à prévoir à court terme.
Évidemment, le problème lié à une frange des supporters est incontournable, mais force est de constater qu'il ne rassemble pas tous les maux d'une équipe en perdition depuis quelques temps déjà. Antoine Kombouaré doit presque être heureux de cet acharnement médiatique qui sévit sur les supporters parisiens, car les journalistes s'occupent de fait un peu moins des performances sportives de ses troupes.
Le discours qui fait mal après Marseille
Pourtant, dans ce secteur, il y a matière... Toutefois, si, au regard de la qualité des joueurs présentés tous les week-ends, le PSG est peut-être bien à sa place dans le ventre mou de la Ligue 1, l'entraîneur y est aussi peut-être pour quelque chose. Passons sur ses choix sportifs, qui partageraient évidemment les pro-Kombouaré des anti-Kombouaré, mais revenons un moment sur le discours du personnage. Comment accepter, lorsque l'on est supporter parisien, que le coach tienne un discours aussi grotesque après avoir été humilié à domicile par l'Olympique de Marseille? "A la mi-temps, j'ai insisté sur ce le fait que, ce qu'on a fait lors de la première période, c'était énorme, fantastique", avait-il déclaré après le match. On frise le ridicule. Ne devrait-on pas faire profil bas lorsque l'on prend une correction à domicile, qui plus est face à l'ennemi intime? Pas pour Kombouaré apparemment, qui avait réussi à trouver des motifs de satisfaction de la prestation de ses hommes au Parc des Princes, ne cessant de souligner que l'OM avait eu de la chance.
De la chance, peut-être, mais un résultat aussi cinglant ne peut pas être assimilé à de la simple réussite. Encore faut-il avoir des joueurs qui ont les qualités pour provoquer cette réussite. Peut-on imaginer Didier Deschamps, Claude Puel, Rudi Garcia ou Laurent Blanc tenir un discours encourageant après avoir encaissé une veste? Impensable, tout simplement, mais l'ancien patron de Valenciennes y arrive très bien, lui.
"Le gros mental" de Kombouaré
Une marque de fabrique qu'il tient visiblement à faire perdurer puisque le principal intéressé a remis le couvert samedi soir, après avoir vu ses joueurs arracher le partage des points in extremis à Lens (1-1). "Nous avons montré à tous ceux qui pensaient que nous étions à la rue ou morts que nous avions du caractère. L'esprit de révolte était là. Il fallait avoir un gros mental car nous avons vécu une semaine très difficile. Ça a été très compliqué, pas évident de préparer ce match. C'est la preuve que le groupe vit bien et que les joueurs n'ont pas envie de se laisser marcher dessus. Maintenant, ce n'est qu'un point de pris mais, sur le plan mental, ça fait énormément de bien et cela va nous permettre de bien travailler cette semaine", a rajouté le Kanak après la rencontre.
Et que penser de ses déclarations après un succès étriqué contre un Toulouse réduit à dix ? Un penalty signé Hoarau avait sauvé le club au Parc des Princes (1-0). "Ce que je retiens, ce sont les trois points et surtout la manière. Et puis j'ai vu un très grand match avec beaucoup de situations de buts", avait-il alors indiqué. Pire, giflé par Lorient (0-3), l'entraîneur avait tout de même vu "vingt très bonnes premières minutes, excellentes même", avant d'esquisser une timide justification à ce revers injustifiable: "je crois d'ailleurs qu'on marque un but valable... Mais quand tout est contre vous... Après l'ouverture du score lorientaise, on a eu beaucoup de mal." Le PSG peut-il se contenter de cela?
Auto-satisfaction permanente
Contre Lens, Kombouaré a-t-il au moins vu les Artésiens dominer presque toute la rencontre? A-t-il vu sa défense se faire encore malmener, son secteur offensif encore manquer de percussion? Apparemment pas... N'est-ce pas, cette fois-ci, le PSG qui a été insolent de réussite en ne prenant pas l'eau du côté de Félix-Bollaert? Comment justifie-t-il par exemple, le remplacement de Jérémy Clément à Lens, seul Parisien à surnager cette saison, alors qu'un Claude Makelele n'est plus que l'ombre du footballeur qu'il fut et continue d'enchaîner les matches en tant que titulaire? Mais "le groupe vit bien"... Une bien bonne nouvelle car les supporters parisiens, eux, vivent la situation actuelle très mal.
Selon toute vraisemblance, "Casque d'Or" n'a pas les épaules, ni peut-être même les compétences, pour entraîner le Paris Saint-Germain, si bien sûr les Rouge et Bleu désirent retrouver un semblant d'ambition. A moins que le club de la capitale ne se contente en fait du 14e rang occupé actuellement en Ligue 1. Dans cette configuration, Kombouaré a sa place toute trouvée sur le banc de touche francilien.



































