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Coupe de l’America, du prétoire au plan d’eau | Humanite

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Sports - le 8 Février 2010

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Coupe de l’America, du prétoire au plan d’eau

La 33e édition débute ce matin à Valence en Espagne entre les Américains d’Oracle et les Suisses d’Alinghi, détenteurs du trophée. Mais les querelles judiciaires persistent.

Après deux ans et demi de joutes judiciaires, la bataille navale va enfin commencer. À partir de 10 heures ce matin, le trimaran géant d’Oracle et le maxi-catamaran d’Alinghi, détenteur de l’aiguière d’argent, doivent s’affronter au large de Valence (Espagne) dans le cadre de la 33e Coupe de l’America. Un duel inédit en multicoques au meilleur des trois manches (8, 10 et 12 février) décidé par la Cour suprême de New York aux États-Unis, seul tribunal habilité à juger les conflits entre syndicats dans le plus vieux trophée sportif du monde créé en 1851, afin de dénouer l’imbroglio judiciaire dans lequel les milliardaires mégalomanes, l’Américain, Larry Ellison, et le Suisse, Ernesto Bertarelli, ont plongé l’épreuve. Croire que le vainqueur sera celui qui l’emportera sur l’eau serait mal connaître la Coupe. La bagarre qui a coûté la bagatelle de 50 millions de dollars en frais d’avocats est, en effet, loin d’être terminée et le résultat sportif pourrait être inversé par la justice new-yorkaise. Le 25 février, la Cour suprême examinera la neuvième plainte d’Oracle qui accuse Alinghi, cette fois, de ne pas respecter la règle de la nationalité en ayant fabriqué ses voiles aux États-Unis et non en Suisse. Un compromis de dernière minute n’est toutefois pas à exclure. Les deux monstres de 90 pieds (27 mètres) en carbone sont à la pointe de la technologie et le budget de chaque équipe est estimé à plus de 100 millions d’euros. Le catamaran suisse, dont Bertarelli partagera la barre avec Loïck Peyron, possède un mât de plus de 50 mètres. Quant au trimaran américain, construit en Californie mais dessiné en coopération avec le cabinet d’architectes navals français VPLP (Van Peteghem-Lauriot Prévost) et développé en partie par Franck Cammas, il utilise une aile rigide de 68 mètres, supposée améliorer de 20 % ses performances. Les deux syndicats partent néanmoins dans l’inconnu, ayant eu peu de temps pour s’entraîner à Valence, qui n’offre pas des conditions idéales à cette époque. Ce qui ne préoccupe pas vraiment le public espagnol, très clairsemé et peu concerné par des régates organisées très au large des côtes.

Nicolas Guillermin

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