Cette fois, ils n’ont pas eu besoin de penalty. Pour ouvrir le score et refroidir une ambiance lavalloise qui n’avait franchement pas besoin de cela hier soir, les Messins s’en sont remis à la patte de Sylvain Wiltord. Idéalement servi par Jérémy Pied, l’attaquant n’a pas tremblé face à Balijon, le gardien lavallois, plaçant le ballon hors de sa portée (9 e).
De notre envoyé spécial à Laval Idéal pour une équipe arrivée dans la Mayenne avec le capital confiance autorisé par une série de cinq matches consécutifs sans défaite, ce début de match s’est révélé trompeur. Ce matin, le FC Metz aurait pu se réveiller avec six points d’avance sur son premier poursuivant nîmois. Il n’en affiche que quatre. Les semaines à venir préciseront l’importance de cette avance à ce stade de la compétition. En attendant, on se dit que le camp lorrain a laissé filer une belle occasion de donner un bon coup sur la tête à la concurrence.
Un match pour rien ? Non. En trouvant l’énergie nécessaire pour renverser le scénario d’une rencontre qui avait démarré de la pire des manières pour eux, les Lavallois ont remis leurs adversaires messins devant une partie de leur réalité qu’avait masquée l’issue favorable de ses dernières prestations. L’équipe d’Yvon Pouliquen n’a pas perdu ce qui lui avait permis de remporter quatre de ses cinq derniers matches. Mais elle est incontestablement tombée dans une sorte de suffisance qui a bien failli se révéler fatale face à des Lavallois volontaires et entreprenants. Les carences messines, camouflées par le bilan comptable élogieux de son mois de février, sont, en effet, ressorties au grand jour.
Son manque d’efficacité arrive ici en tête de liste. Plus d’une fois, les Messins ont eu l’occasion de se mettre à l’abri, mais ni Bessat, ni Mendy, ni Pied, ne sont parvenus à s’inspirer du réalisme de leur aîné Wiltord. Laval, fébrile sur sa base arrière, a alors repris des couleurs. Et Hamouma s’est chargé de redonner l’espoir à son camp juste avant la pause. Ce but venait sanctionner une fin de première période durant laquelle les Messins avaient abandonné leur sérieux.
Coaching gagnant Irréprochable jusqu’à ce but de l’attaquant lavallois, Christophe Marichez allait ensuite payer l’attentisme de ses coéquipiers. Dès le retour des vestiaires, de la tête, Do Marcolino donnait l’avantage aux Lavallois au milieu d’une défense messine figée, avant d’alourdir la note sur un ballon relâché par le gardien messin (65 e). On croyait la cause messine perdue…
C’était sans compter sur Thibaut Bourgeois. Bourreau des Lavallois à l’aller – il avait signé deux des trois buts de la victoire – le jeune attaquant messin ressortait du chapeau d’Yvon Pouliquen pour relancer les siens dans la course (78 e), grâce un but plein d’opportunisme. Le coaching de l’entraîneur messin s’avérait décisif une seconde fois : entré en jeu en même temps que Bourgeois, Razak Omotoyossi arrachait, en effet, l’égalisation à trois minutes du coup de sifflet final.
Inespéré, ce retour permet aux Messins de rester dans la série ouverte il y a près d’un mois et demi face à Nîmes. Désormais invaincus depuis six matches, ils peuvent aborder la suite des débats avec la sérénité permise par leurs quatre points d’avance sur Nîmes. Mais ils devront aussi se souvenir de cette soirée lavalloise durant laquelle leur manque de consistance, par instants, a manqué de mettre en péril leur entreprise. Pour cette fois, c’est passé…
Cédric BROUT.